Homélies du semestre

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Mercredi 18 juillet 

Is 10, 5-7. 13-16 : Contre le roi d’Assyrie.

Ps 93

Mt 11, 25-27 : L’Evangile révélé aux simples. Le Père et le Fils.

 

Les sages et les savants dont il est question, peuvent être ceux des villes incriminées hier, par Jésus ; souvenez-vous : nous avions Corazine,

nous avions Bethsaïde,

nous avions Capharnaüm, des centres religieux où peut-être y avait-t-il beaucoup de sages, de savants et pourtant Jésus parle des tout-petits, ceux qui sont tout-petits comme le Fils l’est lui-même : ce sont ceux des Béatitudes et c'est un don qui est fait à celui qui ne le choisit pas ; ça lui est donné.

On peut le demander dans la prière mais devenir tout-petits comme les Béatitudes, ça nous est donné et quand ça survient dans une existence, c'est l'équivalent d'un grand tremblement de terre.

 

Celui qui est tout-petit, c'est celui qui tout d'un coup va faire l'expérience,

va voir,

va prendre conscience de son péché, de sa présomption et de son orgueil.

Il va voir combien présomption et orgueil ont habité sa vie et le don lui est fait, de se tenir à ‘l’orient de son cœur’.

 

Vous savez, ‘l’orient du cœur’, je pense à ce jardin des Origines dans lequel nos aïeux : le Terreux et la Vivante (Adam et Eve), après avoir consommé, dans la transgression, ce fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tout d'un coup, se sont mis à voir.

Et à voir quoi ?

Qu'ils étaient nus.

A voir la luxuriance d'un jardin qui déjà, commence à leur échapper et ils sont chassés.

À l’orient, des chérubins protègent l'entrée de ce jardin.

 

Se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est se tenir sur ce seuil, se souvenir de cet état d'innocence (pourrions-nous dire) ou de ce moment de notre vie

où nous n'avions guère conscience de cette toute-puissance,

nous n'avions guère conscience de cette présomption,

guère conscience de cet orgueil,

guère conscience que nous nous recevions d'un Père Créateur

et tellement guère conscience de cela que nous avons voulu usurper sa place.

 

Alors, se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est constater cela et en même temps, puisque je suis sur le seuil, je me rends bien compte que hors de ce jardin,

c'est un univers beaucoup plus chaotique,

beaucoup plus irrégulier : il y a plus de plis,

d'ombre,

il y a plus de péché (pourrions-nous dire),

d'infidélité,

d'inconstance, à commencer surtout, par les miennes.

 

Se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est être comme Adam et regarder avec componction, (ou en tout cas, avec déception) Caïn, meurtrier de son frère ;

se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est regarder ces sodomites qui sont brûlés par le feu ;

se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est voir Salomon qui est déchu en même temps qu’Esaü, déchu ;

se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est voir le grand roi David pleurer son double péché ;

se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est voir l'infidélité de Simon-Pierre et la faillite de Judas ;

se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est voir l'infidélité d'Israël et la pauvreté des apôtres ;

 

mais se tenir à ‘l’orient du cœur’, c'est être riche de tout cela aussi car c'est au creux de cet exil que l'Amour vient.

Souvenez-vous : le fils prodigue, il lui a été fait don de se tenir à ‘l’orient de son cœur’ (rentrer en lui-même) ; il décide de retourner vers son père ;

souvenez-vous du publicain : "Seigneur, prends pitié du pécheur que je suis".

 

Être pécheur et se reconnaître comme tel, devant le Seigneur, ça n'est pas être misérable ; au contraire, c’est chercher les plus hautes qualités d'être mais se reconnaître pécheur, c'est se tenir tout près de la source de l'Amour (eh bien si non, pas d'amour et nous confessons un dieu mort) ; au contraire, nous recevons la vie d'un Dieu plein de vie, plein d'amour.

Encore faut-il être tout-petit !

 

Amen.


Mardi 17 juillet :

Is 7, 1-9 : Première intervention d’Isaïe.

 Ps 47

Mt 11, 20-24 : Malheur aux villes des bords du lac.

 

Corazine, Bethsaïde, Capharnaüm, sont des centres rabbiniques, des lieux de connaissance de Dieu ; pourtant ces villes sont montrées du doigt par Jésus : il leur manque de se convertir, contrairement à ce qu'auraient pu faire, en leur temps, Tyr, Sidon et Sodome.

 

La connaissance que nous avons de nous-mêmes, la connaissance que nous avons de Dieu et des autres, nous croyons qu'elle est tronquée,

qu'elle est imparfaite,

qu'elle n'est pas ajustée : nous avons de la peine à trouver le juste milieu par exemple, entre l'amour de soi et la haine de soi.

La connaissance de soi est toujours une chose délicate et en équilibre et donc du coup, la connaissance des autres et de Dieu, pareil.

 

Nous croyons alors, qu'il nous faut grandir dans une plus grande vérité de nous-mêmes et nous attacher avec plus de force à ce que nous pourrions appeler la conscience ou bien encore, un plus grand attachement à ce que, ces semaines et ces mois précédents, nous avons appelé les vertus : la justice, la prudence, la force et la tempérance.

 

Si l'humain naturel se laisse aller à lui-même, il est très enclos sur lui mais s'il cherche à se déplier et à s'ouvrir, il grandira effectivement dans une connaissance plus ajustée.

Mais alors donc, il lui faut être dans ce permanent effort de conversion ; ce que n’ont pas fait ces villes, citées par Jésus.

 

Il ne suffit pas de connaître l'Ecriture, il ne suffit pas de pratiquer et d'enfiler jour après jour des exercices de piété ; ils sont nécessaires et l'Ecriture aussi, (ô combien nécessaires !) mais il faut  ajouter tout de suite, tout de suite (à ces différentes dimensions de la vie religieuse : la lecture de l'Ecriture, la pratique), il faut y ajouter un exercice : à la fois se méfier de sa volonté propre (si elle n'est pas transformée ou si elle ne cherche pas à s’aiguiser), d'une part et d'autre part, grandir davantage dans une ressemblance avec le Christ, de manière concrète, (très concrètement) : il n'y a pas une situation de notre vie,

il n'y a pas un mouvement de nos émotions,

un mouvement de notre âme qui ne puisse trouver une ressemblance avec ce qu'a vécu Jésus.

Et si nous ne trouvons pas c’est que nous n'avons pas suffisamment lu l'Évangile.

 

Si nous trouvons une ressemblance entre ce qu'a vécu Jésus et ce qui nous est donné de vivre, alors il n'y a pas de fuite possible.

Par exemple : si quelque chose nous fait mal, nous aurions tendance à transformer ce mal (ou à chercher à le fuir, plutôt) parce qu'il nous est désagréable mais regardons si Jésus n'a pas vécu quelque mal que ce soit et ce mal-là, qu'en a-t-il fait ?

Si nous sommes appelés à vivre de la joie, une grande joie, qu'est-ce que Jésus en a fait lui-même ?

Et nous mettrions cette joie à sa juste place.

S’il nous arrive de rencontrer des personnes qui nous trahissent, par exemple, qu'est-ce que Jésus a fait en pareille circonstance ?

Et des personnes qui nous flattent, qu'est-ce que Jésus en a fait ?

Si des personnes nous font du bien tout gratuitement, qu'est-ce que Jésus a fait en pareille circonstance ?

Pensez à cette femme pécheresse qui va lui oindre les pieds.

Si des gens nous ignorent ou si nous rencontrons devant nous du silence, de l'indifférence, qu'est-ce que Jésus faisait en pareille circonstance ?

 

Ces liens très concrets entre les situations de notre vie et celles du Christ, nous permettent de récupérer ce que nous croyons avoir perdu : la ressemblance avec le Père, ce que le péché ne nous permet pas de vivre si nous nous laissons aller à notre volonté propre : ça s'appelle la conversion.

 

Et comme un aveugle ne peut pas conduire un autre aveugle ou bien alors, comme nous ne pouvons pas toujours nous fier à la paille qu’il y a dans l'œil de notre frère puisque nous n'avons pas grande connaissance de la poutre qu’il y a dans le nôtre, alors il nous faut recourir en permanence au Christ.

 

Amen.


Mercredi 11 juillet : saint Benoît

Pr 2, 1-9 : la Sagesse contre les mauvaises compagnies.               

Ps 33

Mt 19, 27-29 : Récompense promise au détachement.                           

 

Saint Benoît s'est dépouillé, à l'invitation de cette recommandation de l'Évangile : "celui qui aura quitté à cause de  mon Nom ", saint Benoît s'est dépouillé de nombreuses tuniques du monde jusqu'à la dernière (il s'est mis tout nu),  la dernière qui est la suffisance et la vaine gloire et il a bâti une solide clôture autour de lui : celle de la tempérance.

 

Saint Benoît a prié, il a mis au centre de sa vie et de ses frères, la prière ; une prière qui agit comme un bâton, ce bâton qu'on agite devant des chiens féroces.

Cette prière a éloigné de lui, l'ennemi mais l’a excité davantage ; elle a été aussi comme ce qui se passe dans le ciel à l'aube, (vous savez quand ces étoiles disparaissent pour laisser la place à la lumière du jour) : sa prière a su faire taire tous les bruits pour laisser paraître dans sa vie et dans celle du groupe de ses frères, le silence, le silence de l'Epoux.

 

Il a ceint son tablier, tablier du service des frères, des veilles et des longs jeûnes et il a tenu sa lampe allumée, la lampe de la prière et du silence.

Dans les deux cas, par les jeûnes, par le service des frères ainsi que par la prière et le silence, il s’est tout tourné vers son soleil : l'Epoux.


Mardi 10 juillet 

Os 8,4-7.11-13 : Anarchie politique et idolâtrie.

Ps 113b

Mt 9, 32-38 : Guérison d’un démoniaque muet.

 

Dans cet Évangile il y a un miracle, des personnes qui ne l’accueillent pas à sa juste mesure.

Ils s’étonnent : "on n’a jamais vu rien de pareil ! "ou bien, une sorte de jalousie peut-être, en tout cas de rejet: "c'est par le chef des démons qu'il expulse les démons".

Jésus est saisi de compassion, ce sourd-muet se met à parler et Jésus qui parle de la prière.

 

Je vous propose de relire ce texte dans la paix, la prière ; la prière, c'est la clef du Royaume des Cieux.

Tout ceux qui s'attachent à elle comme il faut, reçoivent par elle, tous les biens qui sont préparés et ceux qui n'ont pas confiance dans le Royaume, vont n’avoir d’yeux que pour les choses de ce monde, un peu comme dans ce texte.

Ceux qui n’ont pas confiance dans le Royaume, vont n’avoir d’yeux que pour des mesquineries, des querelles et des comparaisons : ‘oh ! il doit agir par le doigt de Satan, certainement !’ au lieu de se réjouir, tout à fait gratuitement, de ce que le Maître est capable de faire.

La prière et la clef du Royaume des cieux : tous ceux qui prient comme il faut, reçoivent tous les biens préparés pour ceux qu'Il aime et ceux qui n'ont pas confiance dans le Royaume, n’ont d’yeux que pour les choses de ce monde.

 

Comment faire pour bien prier ?

Alors là, il y a des siècles et des siècles de littérature.

Mais il y a une constante ; la première c'est : persévérer,

être dans la joie de l'espérance,

être aussi dans l'endurance de la foi,

mais persévérer, toujours.

Dans la prière : toujours remettre l'ouvrage sur l’établi.

Essayer de se détacher de tous les débats intérieurs qui peuvent surgir, chaque fois que nous voulons faire silence et de tous les débats extérieurs, aussi.

 Je ne peux pas prier en étant empêtré dans des tas de nœuds avec mes frères : ‘si tu vas présenter ton offrande à l’autel et si tu as quelque chose contre ton frère, dépose là  ton offrande et va demander pardon à ton frère’.

La prière ça va être aussi, le silence, finalement ; en tout cas tenter d'y parvenir ;

se garder de toutes sortes de rêveries car le silence peut ne pas être pas un vrai silence (il peut ne pas y avoir de débats intérieurs, il peut aussi de ne pas y avoir de nœuds avec les frères) mais je peux rêver.

 

Celui qui persévère dans la prière va finalement devenir comme Jésus dans cet Évangile : il est saisi de compassion.

Celui qui aime la prière, a alors obtenu les clefs du Royaume ; il va être comme Jésus : il va vivre ce que l'on appelle ‘la componction’ : beaucoup, beaucoup de tendresse, comme Jésus, mêlée à un soupçon de tristesse, comme Jésus car "ces foules sont nombreuses et elles sont sans berger".

 

Celui qui arrive comme Jésus, par la prière et parce qu'il aime la prière, finalement n'aura plus rien à demander dans la prière, même pas des ouvriers pour le Royaume parce qu'il le sera devenu, lui-même.

 

Amen.


Dimanche 8 juillet :

Ez 2, 2-5 : Vision du livre.

Ps 122

2Co 12, 7-10 : Paul parle de lui.

Mc 6, 1-6 : Visite à Nazareth.

 

En allant droit au but, en écoutant cet Évangile, nous sommes placés devant une sorte de dilemme : soit Jésus est le Fils de Dieu et alors, (à en croire la foule qui est à Nazareth), il ne peut pas être de Nazareth ou bien c'est un homme extraordinaire et bien sympathique, quelqu'un qu'on connaît bien, un type de chez nous, alors il est de Nazareth ; mais il ne peut pas être les deux, il ne peut pas être Fils de Dieu et de Nazareth, ce n'est pas possible : voilà ce qui se passe dans le texte.

Mais les détracteurs de chez yeux sont un peu gênés parce qu'ils ne peuvent pas nier la puissance de Jésus : Jésus accomplit de grands miracles.

Alors, il est le Fils de Dieu ou il n'est pas le Fils de Dieu?

Eh bien, ils ont opté : il ne peut pas être Fils de Dieu mais on ne sait pas pourquoi il fait des grands miracles.

 

Ce qui se passe là, c'est une des définitions d'un mot qu'on entend souvent dans la presse.

C'est un mot qui a deux grandes définitions ; la définition que l'on connaît bien, c'est chaque fois que l’on évoque ce mot dans la presse (ça je n'y reviendrai pas, vous allez voir quand je vais vous dire le mot, vous allez comprendre !) mais l'autre définition du mot c'est ce qui se passe dans l'Évangile ( je vais vous la donner cette définition).

C'est le mot scandale.

Le scandale, dans la presse, tout de suite on voit à peu près ce que ça veut dire.

Mais il y a une autre définition du mot scandale : c'est refuser (ou bien accepter, cela dépend) pour de mauvaises raisons, ce qu'au fond de notre cœur, nous aurions envie d'accepter pour de bonnes raisons.

 

Je vais prendre un exemple tout bête : vous connaissez quelqu'un qui veut absolument, par lui-même, tailler la haie de son jardin ; il ne l'a jamais fait.

Il va le faire, il va tailler la haie de son jardin et cette brave personne s'y prend très mal : la moitié de sa haie est très, très mal taillée mais cette personne-là a une sorte d'amour-propre, (une sorte d'orgueil) et de manière obstinée, il va continuer et ses voisins vont lui dire : ‘mais si tu veux on peut t’aider parce qu’on est équipé, on sait comment faire’.

‘Non, non, non !

Et puis, cette personne va se finir par se laisser convaincre par sa femme : ‘mais laisse donc, laisse donc faire d'autres, laisse donc faire ; tu vois bien que tu n'y arrives pas, la haie est tout ondulée’.

Et sur les deux derniers mètres qu’il laisse faire par les voisins, la haie est impeccablement taillée.

Alors sa femme lui dit : ‘tu vois, tu vois, tu aurais dû écouter’

L'autre ne dit rien, rouge, tout rouge !

 

De manière obstinée, il a refusé mais au fond de lui-même, il se rendait bien compte qu'il n'était pas capable ; il aurait pu tout simplement baisser la garde et laisser faire d'autres.

C'est un exemple un peu comme dans l'Évangile : ‘Mais cet homme, il doit être certainement être Fils de Dieu puisqu'il accomplit des miracles’.

Mais non, par une sorte de fierté locale, ça ne peut pas être lui ; on le connaît, lui et ses parents !  

 

Je vais prendre d'autres exemples qui se vivent en paroisse.

Nous sommes nombreux, en communauté paroissiale, à avoir des responsabilités à divers niveaux : il peut y avoir des relais-village,

il peut y avoir des personnes qui préparent les liturgies,

il peut y avoir des personnes qui font de l'accueil,

qui préparent les fleurs

ou l'église,

celles qui vont préparer des obsèques, des baptêmes, des mariages.

A tous niveaux de l'échelle paroissiale, il arrive parfois qu'il y ait une sorte de certitude  chez plusieurs de ces personnes-là.

 

Par exemple, ce que j'entends souvent chez les relais-village : ‘oh ! eh bien, de toute façon après moi, il n'y a plus personne.

Ah ben si, je vous jure, père Guillaume, après moi il n'y a plus personne, les jeunes dans le village ne pratiquent plus ; je mourrai, il n'y aura plus personne’

‘Allez’!

‘Non, non, non, c'est sûr !’

 

Des personnes qui préparent depuis 1000 ans (1000 ans !), qui préparent (je ne sais pas moi ! mettons) des messes ou autre chose :

‘ mais on pourrait trouver des jeunes personnes pour lire !’

‘Non, non, non! Parce que les jeunes personnes, on ne les connaît pas et elles ne lisent pas bien’.

‘Mais si !’

‘Mais je vous jure, par expérience c’est désagréable d'entendre lire quelqu'un qui ne sait pas lire !’

Voyez, ce genre d'obstination, alors qu'au fond du cœur, nous sommes tous réunis par le même désir, le même Amour, nous sommes attirés par le même Christ et au début de notre expérience en Eglise, nous nous sommes risqués à lire pour la première fois, au micro ; nous étions bien contents que quelqu'un nous fasse confiance pour que nous devenions relais-village.

Et pourquoi n'y aurait-il pas quelqu'un d'autre ?

Pourquoi ça mourrait-t-il, tout de suite, là, à notre mort ?

L’Eglise existe depuis 2000 ans, pourquoi devrait-elle tout d'un coup, disparaître parce que nous avons des certitudes ?

 

Les certitudes conduisent à une forme d'obstination, surtout quand ces certitudes ne peuvent pas être en dialogue : nous nous construisons des patries imaginaires dans lesquelles nous nous réfugions, des Nazareth intérieures.

‘Moi, je connais tout le monde, je sais bien ; alors, j'ai raison de penser ce que je pense’.

‘Mais si Jésus viens-tu visiter dans ton Nazareth intérieur, que vas-tu faire de lui ?

Tu vas lui claquer la porte ?

Parce que tu connais trop bien les choses et les personnes, trop certain du résultat !

Jésus vient te visiter, que fais-tu ?’

 

Je reviens à mes exemples : je vous ai dit que beaucoup parmi nous ont des responsabilités en paroisse, beaucoup parmi nous ont des responsabilités vis-à-vis des autres chrétiens ; par exemple, des membres d’une équipe-moisson ont des responsabilités vis-à-vis des personnes relais-village ; les personnes qui font partie de l'équipe pastorale ont des responsabilités vis-à-vis des autres chrétiens.

Si tout le monde arrivait avec ses certitudes à la rencontre d'autres chrétiens qui ont aussi leurs certitudes, quel est le résultat ?

Un cœur obstiné qui rencontre un cœur obstiné, qu'est-ce que ça fait ?

Ça fait des étincelles.

J'ai posé la même question hier à la messe à Arsonval, c'était la même réponse : ça fait des étincelles.

 

Eh bien oui et heureusement qu'il y a des personnes qui vont finir par baisser pavillon, baisser la garde et prendre sur elles, sans quoi ça ferait toujours des étincelles en permanence.

C'est précisément ce que fait Jésus : Jésus lui, il prend sur lui le refus ; il prend sur lui l'obstination des autres.

Nous ne sommes pas Jésus, attention !

Jésus prend sur lui l'obstination des autres et il transforme dans son cœur le refus en ‘oui’ du Père.

C'est un vrai mystère de l'Amour : il transforme nos refus en ‘oui’ du Père.

 

Quand je vais présenter tout à l'heure, le corps du Christ, je vais le briser au moment de la communion: c'est le cœur du Christ, c'est aussi la gangue qui entoure notre cœur qui, en Jésus et dans la foi, est brisée.

 

Au lieu d'être certitude contre certitude, accueillons le refus de l'autre et vous allez voir : ça brise la certitude de l'autre, quand on accueille son refus.

J'accueille son refus, tout d'un coup son refus disparaît.

 

Nous sommes mûs par le même amour de Jésus.

En communiant tout à l'heure, si nous sommes trop certains de nous-mêmes, nous ne recevons qu'un bout de carton mais si au contraire, nous acceptons de reconnaître que dans notre petit intérieur, Jésus vient nous rendre visite ; eh bien, nous cessons d'être obstinés deux secondes et nous recevons le corps du Christ, celui qui transforme toutes sortes de refus en ‘oui’ du Père.

 

« Les fils d’Israël avaient le cœur obstiné, le visage dur », c'est vrai ; Jésus a fait la même expérience et nous la faisons aussi ; sauf que Jésus a pris sur lui.

Alors reconnaissons qu'il prend sur lui nos refus,

reconnaissons qu'il nous donne infiniment son amour et que par l'expérience que nous avons de la responsabilité les uns par rapport aux autres, nous pouvons nous aussi apprendre à prendre sur nous, le refus de nos frères.

Vous allez voir, ça crée de l'Amour.

 

L'aiguillon dont parle saint Paul, dans sa chair, c'est ça.

Saint Paul était animé d'un amour extraordinaire, lui qui a été converti sur chemin de Damas, il a dû se colleter en permanence, des communautés dans lesquelles il y avait du refus, de la mesquinerie.

Au lieu d'être dans la joie de l'Amour, elles étaient dans l'obscurité de la mesquinerie.

Accueillons donc, ce corps du Christ qui porte sur lui le refus des frères et Jésus le les transforme en ‘oui’ du Père.

 

Amen.


Vendredi 6 juillet : Les saints évêques du diocèse de Troyes.

Am 8, 4-6. 9-12 : Contre les fraudeurs et les exploiteurs. Annonce du châtiment : obscurité et deuil.

Ps 118

Mt 9, 9-13 : Appel de Matthieu et repas avec les pécheurs.

 

Jésus est à table avec des pécheurs ; le repas dans l'Évangile, est parfois assimilé un temps de discussion,

de partage

mais aussi de fête ; nous pouvons avoir en mémoire, l'épisode des ‘noces de Cana’, par exemple mais il est avec des pécheurs ; peut-être que ces pécheurs sont dans la joie du Père comme "cet homme qui part à la recherche d'une brebis qui est perdue, qui la retrouve, qui revient avec et qui réunit ses voisins et ses amis : il est dans la joie".

Ces pécheurs qui sont avec Jésus, sont peut-être dans la joie du Père, un peu comme "cette femme qui a perdu une pièce de monnaie, elle balaie tout son intérieur, elle la retrouve, elle réunit ses amies, ses voisines : elle est dans la joie".

Jésus est le souvenir joyeux de Dieu et les pécheurs qui sont en contact avec Jésus, le savent intimement.

Ils ont besoin d'être rejoints dans ce souvenir-là, le souvenir qu'ils étaient dans le dans l'Amour du Père et qu'ils ont perdu cet Amour ; ils en ont besoin.

 

Mais dans cette scène, il y a les pharisiens qui semblent ne pas s'en réjouir ; peut-être sont-ils captifs : ils ne voient pas en quoi, ces hommes pécheurs ont besoin d'être dans la joie du Père.

Sans doute ne le voient-ils pas car Jésus est obligé de dire que "le médecin est pour les personnes malades".

Ces pharisiens seraient-ils malades sans s’en à percevoir eux-mêmes ?

 

Nous pouvons toujours, toujours, toujours invoquer Jésus ; nous sommes sûrs qu’en l'invoquant et en nous approchant de lui, il vient détruire tout ce qui nous rend captifs.

Il faut le vouloir !

Et puis, il y a aussi toutes formes d’ascèse qui peuvent nous y aider, mais les deux ensemble : Jésus et l’ascèse, une vraie volonté.

 

Si en nous, il y a quelques ressentiments,

si en nous, il y a quelques colères,

si en nous, il y a quelques impatiences,

si en nous, il y a quelques difficultés de nous réjouir,

si nous n'arrivons pas être dans la joie du Père, c'est que peut-être nous ne trouvons du côté des pharisiens, captifs.

C'est le moment d'invoquer Jésus pour qu'il vienne dissiper tout ce qui nous tient captifs.

 

Amen.


Jeudi 5 juillet : st Antoine-Marie Zaccaria

Am 7, 10-17 : Conflit avec Amasias. Amos expulsé de Béthel.

Ps 18b

Mt 9, 1-8 : Guérison d’un paralytique.

 

Le texte dit : « voyant leur foi, Jésus dit au paralysé » et nous, nous voyons le pouvoir de Jésus à l’œuvre.

Jésus voit la foi des gens et nous voyons le pouvoir de Jésus à l’œuvre, le pouvoir de Jésus de redresser ; un pouvoir que nous avons aussi grâce à Jésus qui nous le donne, Jésus lui-même.

D'ailleurs, les gens à la fin, « rendent gloire à Dieu parce qu'Il a donné un tel pouvoir aux hommes ».

 Ce pouvoir, Jésus nous le communique par les apôtres, par notre baptême ; ce pouvoir d'être redressé et de se tenir à la porte de notre cœur.

Ouvrir la porte ou ne pas l'ouvrir ; quand nous l'ouvrons, faire sortir tout ce qui est scories et faire entrer le Christ ; nous avons ce pouvoir-là : nous tenir à la porte du cœur et ouvrir la porte.

 

Cet homme qui est paralysé, qui retrouve la santé, se redresse, cet homme-là a retrouvé son pouvoir des origines : se tenir à la porte de son cœur.

Se tenir la porte du cœur,

goûter aux délices du Père,

être dans la joie,

être libre ; combien d'entre nous peuvent être par exemple,on pourrait dire fatalistes ?

‘Ce qui nous arrive c'était écrit quelque part’ ; ‘il y a pire ailleurs’; ‘c'est comme ça’.

 

C'est vrai qu'il y a une sorte d'obéissance aux événements et à la providence mais en même temps, se tenir la porte du cœur, ça n’est pas être ligoté par du déterminisme, des forces obscures.

Nous sommes plus forts que ça puisque nous pouvons le faire sortir du cœur, nous pouvons le laisser sortir.

Notre cœur c'est quand même le lieu où il y a la perle, vous connaissez la parabole du trésor ?

Du trésor dans cette pêche ; « un collectionneur de perles fines, il trouve une perle de grand prix ».

Notre cœur c'est aussi le lieu où il y a ce trésor caché dans le champ : « un homme trouve un trésor un champ, vend tout ce qu’il a et achète le champ ».

Notre cœur c'est le lieu du levain : « une femme prend du levain, le met dans la pâte jusqu’à ce que toute  la pâte lève ».

Notre cœur c'est le lieu de la toute petite graine, la graine de moutarde.

Notre cœur c'est quand même un lieu, ce n'est quand même pas rien ; nous tenir à la porte du cœur.

 

Se tenir la porte du cœur c'est être très vigilant.

Que dit Jésus, quand il est au jardin des oliviers, juste avant son arrestation, à ses disciples ?

« Tenez vos cœurs en éveil », « veillez et priez », se tenir à la porte du cœur ; voilà le pouvoir que Jésus a, lui qui est doux et humble de cœur.

Ce pouvoir-là, il nous le donne et nous avons le pouvoir de nous tenir à la porte de notre cœur.

Et plus nous nous tenons à la porte de notre cœur, plus nous nous redressons et nous sommes dans la paix, plus nous sommes des êtres de réconciliation et plus nous diffusons la joie.

Ce que nous pouvons faire dans cette eucharistie, c’est déjà nous réjouir mais en tout cas, contempler ce pouvoir de Jésus qu'il nous donne : nous tenir la porte de notre cœur pour que nous nous redressions.

 

Amen.


Dimanche 1er juillet 

Sg 1, 13-15.2 ; 23-24 : Chercher Dieu et fuir le péché.

Ps 29

2Co 8, 7.9.13-15 : Motifs de générosité.

Mc 5, 21-24.35b-43 : Guérison d’une hémoroïsse et résurrection de la fille de Jaïre.

 

Hier matin, avec Jean-Pierre et Pierre-Alban Delannoy, nous avons célébré, comme à l'accoutumée, la messe à la maison centrale à Clairvaux avec ces textes que nous avons entendus et je voudrais vous partager dans cette homélie, ce qui a été apporté dans la discussion avec les personnes détenues.

Je trouve que cette rencontre a été vraiment animée par l'Esprit Saint.

La première chose c'est : que se passe-t-il si vous achetez des légumes et des fruits frais et que vous les laissez sur la table de votre salon, surtout par ces températures, pendant très longtemps ?

Que va-t-il se passer ?

Ils se fanent, ils pourrissent et donc c'est exactement tout le contraire du mot que Josette, tu as eu du mal à dire tout à l'heure : ‘incorruptibilité’.

Les fruits, les légumes et encore plein de choses vivantes sont corruptibles et nous aussi, d'ailleurs et je ne vous fais pas de dessin mais il nous arrivera la même chose, en réalité.

Pourtant Josette, tu as lu : "le Seigneur a créé l'homme pour l'incorruptibilité", donc le contraire.

Nous croyons très fort que nous sommes corps et âmes, les uns les autres et que pour ce qui est du corps, il est clair en tout cas, que nous allons vers notre mort naturelle : nous sommes corruptibles mais nous sommes aussi cette âme, cette âme précieuse qui est, elle, (ou peut être) incorruptible, c'est-à-dire animée du souffle vivant, du souffle créateur comme au commencement, en Jésus.

Et nous avons beaucoup insisté dans ce dialogue avec les personnes détenues, hier : seul celui qui est l’Agneau de Dieu,

celui que nous allons recevoir en nourriture

celui qui est le Christ, le Seigneur, le Ressuscité, peut nous apporter

ou entretenir,

alimenter,

renouveler cette vie et bien au-delà d'ailleurs de notre mort naturelle, si bien que nous pouvons être effectivement éternels.

Mais nous pouvons également mourir bien avant notre mort naturelle, si cette âme, (ce principe intérieur), n'est plus irriguée, s’il n’y a plus ce contact avec le Christ lui qui est l’Agneau.

La discussion a beaucoup circulé après, sur le mal, sur le diable, celui qui nous empêche d'être connectés, branchés, sur le Christ, source de vie ; car en réalité nous sommes suffisamment grands les uns et les autres, pour savoir qu’en nous, il peut y avoir quelque chose qui meurt ou bien en nous, il y a quelque chose qui se renouvelle.

Nous sommes suffisamment grands, nous devinons tout seuls ce qu’est en nous, cette vie spirituelle et quand est-ce qu'il y a de la mort ;

quand est-ce qu'il y a de la vie.

La question des personnes détenues, c'est : comment se fait-il qu'il peut y avoir en nous comme de la mort ?

Alors ils ont mis rapidement un mot dessus : le diable, le Mâlin, le Mal.

Mais comment se fait-il qu'il puisse agir dans notre vie ?

Nous sommes arrivés à une image : ‘imaginez que vous êtes enfermés dans une pièce et que vous avez les yeux bandés et vous savez qu’à l'intérieur de cette pièce il y a un adversaire, (peu importe lequel, il y a un adversaire).

Cet adversaire va vouloir vous….

Comment allez-vous faire pour vous accommoder de la présence de cet adversaire, en sachant que lui aussi d'ailleurs, par moment, il a les yeux bandés ?

Vous allez essayer de l'éviter le plus possible.

Si vous ne voyez pas clair, vous allez essayer d'écouter, vous allez essayer de mettre en action vos autres sens pour percevoir sa présence et le plus possible, vous déplacer et éviter chaque fois qu'il va vouloir vous rejoindre.

Eh bien, dans la vie spirituelle, celui que l'on appelle le Mâlin, le démon, il agit de cette façon et celui qui s'assoupit, celui qu'il ignore, va très rapidement se laisser rejoindre par cet adversaire.

Alors les uns et les autres, (personnes détenues), étaient fort d'accord avec cette affaire et se disaient : ‘au fond, notre façon d'éviter la présence de cet adversaire dans cette pièce, nous qui avons les yeux bandés, ça va être : faire comme dans la deuxième lecture (par exemple) être dans le don gratuit,

dans le bien,

dans le partage ou l'écoute de la parole,

toute chose qui nous permettent de ne pas nous assoupir et de ne pas nous laisser aller aux attaques de l'adversaire.

Attention l'adversaire est plus fort.

Un jour, vous allez avoir la l’impression que cet adversaire, vous l'avez vaincu : vous ne sentez plus sa présence, ça fait longtemps qu'il n'est pas venu vers vous, ça y est, j'ai réussi!

Je suis dans la vie éternelle pour toujours, je suis branché sur le Christ, merveilleux, et ça durera !

C'est là que l'adversaire est plus fort : il s’est tapi en embuscade dans un coin de la pièce, vous avez fini par oublier sa présence, c'est là qu'il saute et il vous dévore.

Ces deux femmes de l'Évangile (évidemment il est question pour ces deux femmes de l'Évangile de quelque chose qui serait de l'ordre un petit peu de la mort, on le voit bien) :

cette femme, c'est celle qui depuis 12 ans est atteinte de cette espèce de maladie qui lui fait perdre du sang, c'est très caché, il n'y a qu'elle qui le sait, les autres ne le voient pas, n'empêche qu'elle a un principe vital qui s'amenuise et qui tend à couler et la faire littéralement se vider, si je puis dire.

Et puis vous avez cette jeune fille qui normalement est censée être la promesse de la vie, elle arrive à sa maturité tout du moins religieuse : 12 ans mais elle est à toute extrémité.

Pour ces deux personnes, il est question de contact : cette femme que l'on dit ‘hémorroïsse’, (cette femme qui perd du sang) a besoin de toucher Jésus et cette fille, cette petite fille de 12 ans a besoin d'être sauvée (c'est sûr !), Jésus vient la toucher, "la prend par la main : lève-toi (talitha coum)!

Et hop ! Elle se redresse.

Dans les deux cas, il faut être touché,

touché par Jésus,

toucher Jésus.

Dans ces deux cas-là, ce qui a été coupure d'avec le Christ ou ce qui a mené vers la mort a été transformé en vie, comme une mort spirituelle, lente mais certaine, qui pouvait sans doute même conduire à une sorte de mort naturelle, en tout cas, a été stoppée par la rencontre avec le Christ.

Alors on peut se dire, (si vous m'avez suivi, ça c’est ce qu’on a dit avec les personnes détenues ; Jean-Pierre es-tu d'accord ?), la première chose à ne pas faire, si l'on ne veut pas mourir de l'intérieur, c'est de se dire : ‘soit je n'ai besoin de rien, soit j'ai gagné’.

Dire que j'ai gagné ou que je n'ai besoin de rien (gagné sur l'adversaire) c'est se dire que définitivement, j'ai acquis toute chose et je suis au Christ pour toujours ; je me trompe.

Je me trompe et je cours de graves dangers, d'accord ?

Si je suis dans ce désir permanent de la rencontre, conscient de ce que peut produire en moi l'adversaire mais conscient que, même à toute extrémité, je peux toucher le Christ, le rejoindre, même si je suis vraiment, vraiment, vraiment au bout de tout, là, j'ai gagné parce que même au bout de tout, le Christ est là, il se laisse rejoindre, il peut me rejoindre ; même quand je suis à bout de tout et si j'ai conscience que je peux faire appel à lui.

Alors on a employé une dernière image, Jean-Pierre, (je ne sais pas si tu te souviens ? une autre image) l'image de l'arc.

Un arc avec ses flèches.

Si l'arc n'est pas assez tendu, il ne sert à rien ; on n’arrive pas à lancer les flèches ; un arc pas tendu, c'est celui qui dit : ‘je n'ai besoin de rien’ ou ‘j'ai vaincu mon adversaire, je peux ranger mon arc et mes flèches, c'est terminé’.

Mais un arc trop tendu, c'est un arc qui claque, la corde se brise ; un arc trop tendu c'est celui qui va se dire : ‘c'est moi qui vais vaincre l'adversaire’, ‘d'ailleurs, c'est moi qui suis tapi en embuscade pour aller lui couper la tête’ mais là, la corde claque : je ne peux pas, ce n'est pas moi qui ai le pouvoir de le vaincre ; attention !

Ce n'est pas moi, c'est celui qui est là (le père montre l’autel)et qui par sa mort sur la croix le vainc.

Par contre j'ai besoin que ma corde soit tendue, jamais relâchée ; pas trop, jamais relâchée !

C'est celui qui va être dans la vigilance, vous savez ces quatre vertus-là : prudence, force, tempérance, justice.

Suffisamment tendu pour toujours être dans cette vigilance j'ai toujours, toujours, toujours le Christ qui, même si je suis dans les ultimes dessous peut me toucher, ou je peux le toucher : il me remet en route, il me réalimente.

Conclusion des affaires, nous sommes dans la vie éternelle sans attendre d'être au ciel, chaque fois que la corde de mon arc est tendue comme il faut.

Trop tendue, elle claque, je ne suis plus dans la vie éternelle ; pas assez tendue, elle ne sert à rien, je ne suis plus dans la vie éternelle.

Je ne sais pas si vous avez pigé, en tout cas, c'est ce que l'on a dit avec les personnes détenues.

Elles ont eu la gentillesse de nous dire qu'elles avaient compris.

Amen.